Il a le corps d’un lion et la tête d’un aigle, garde l’or aux confins du monde et déchire les chevaux qui s’aventurent trop près de son nid. Depuis plus de cinq mille ans, le griffon hante l’imaginaire des hommes. On le trouve sur les sceaux de l’Élam antique, sur les fresques du palais de Cnossos, dans les récits d’Hérodote, sur les blasons des chevaliers et jusque dans le Purgatoire de Dante, où il tire le char de l’Église.
Peu de créatures ont connu une carrière aussi longue et aussi changeante. Monstre gardien pour les Grecs, bête féroce pour les naturalistes, figure du Christ pour les théologiens, emblème de vigilance pour les hérauts d’armes : le griffon a été tout cela à la fois. Voici son histoire, telle que la racontent les bestiaires, puis telle que la retracent les textes et les images.
Le griffon en bref
| Nom | Griffon, du latin gryphus, lui-même du grec gryps |
| Apparence | Corps, pattes arrière et queue de lion ; tête, ailes et serres d’aigle |
| Premières images | Élam et Égypte, fin du IVᵉ millénaire av. J.-C. |
| Habitat légendaire | Montagnes du Nord, au-delà des Scythes, ou déserts de l’Inde |
| Rôle | Gardien de l’or et des trésors, ennemi des chevaux et des voleurs |
| Symbolique | Force, vigilance, fidélité ; au Moyen Âge, double nature du Christ |
| Parents proches | Hippogriffe, lamassu assyrien, chimères ailées chinoises |
Ce que disent les bestiaires
Le griffon est une bête fort noble et redoutable, née de l’assemblage du lion et de l’aigle, rois de leurs espèces. De l’aigle, il tient la tête, les ailes puissantes et les serres acérées ; du lion, il garde le corps robuste et la queue frémissante. Ainsi est-il maître des airs et de la terre, surpassant toute autre créature en majesté et en vaillance.
De la nature du griffon. Le griffon réside aux confins du monde, en des montagnes escarpées que nul homme n’ose arpenter. Il veille sur d’immenses trésors, car il hait la cupidité des hommes et châtie ceux qui osent braver ses repaires. Sa vue perçante lui permet de discerner le plus infime mouvement depuis les cimes, et ses ailes le portent plus haut que tous les oiseaux du ciel.
De ses vertus et propriétés. Les sages disent que le griffon est un symbole de force et de vigilance. Il demeure fidèle à son compagnon ou sa compagne jusqu’à la mort et jamais ne prend un autre conjoint. Aussi, maints chevaliers l’ont pris pour emblème, y voyant le reflet de la loyauté et du courage.
Ses plumes et serres sont prisées des alchimistes et des enchanteurs. On conte que sa griffe, taillée en coupe, protège de tout venin, et que ses plumes confèrent le don du vol à qui sait les enchanter.
De son combat contre l’homme. Tantôt serviteur des rois, tantôt ennemi des mortels, le griffon n’épargne que les cœurs purs et les âmes vaillantes. Il abat les chevaux de ses serres et emporte dans les airs les guerriers impies. Ses ailes battent comme l’orage, et son cri fend l’air tel un tonnerre divin.
Quiconque affronte un griffon doit se garder de son regard perçant et de ses griffes meurtrières, car nul ne saurait le défier sans grand péril. Toutefois, celui qui apprivoise la bête gagne un allié sans pareil, capable de le porter au-delà des mers et des cimes, jusqu’aux confins du monde.
De son image en histoire et en art. Les manuscrits sacrés et les blasons des preux portent son effigie, témoignage de sa gloire et de sa renommée. En la pierre des cathédrales et sur les parchemins enluminés, il veille encore, gardien inflexible des secrets d’antan.
Ainsi est le griffon, noble et terrible, épreuve des impies et compagnon des braves.

Mais d’où vient cette bête ? Bien avant les bestiaires, d’autres peuples l’avaient déjà dessinée, sculptée et racontée.
Aux origines : un gardien venu d’Orient
Le griffon est l’une des plus anciennes créatures composites connues. Ses premières images apparaissent à la fin du IVᵉ millénaire avant notre ère, sur des sceaux-cylindres de Suse, en Élam (sud-ouest de l’Iran actuel), et sur des palettes à fard de l’Égypte prédynastique. Il y est déjà ce qu’il restera : un fauve à tête de rapace, dressé ou couché, souvent en paire.
Au IIᵉ millénaire, on le retrouve en Crète. Dans la salle du trône du palais de Cnossos, deux griffons peints encadrent le siège du souverain, couchés parmi des plantes, calmes et solennels. Ils ne combattent pas : ils protègent. C’est déjà le griffon gardien, veillant sur le pouvoir et sur le sacré.

Griffons peint encadrant le trône, palais de Cnossos, Crète.
Les rois perses achéménides en font à leur tour un emblème. À Persépolis, au Vᵉ siècle avant notre ère, certaines colonnes sont couronnées de chapiteaux formés de deux griffons adossés, qui portent les poutres des salles d’audience sur leur dos. Le monstre soutient littéralement l’édifice du pouvoir royal.

Chapiteau à double protomé de griffon, Persépolis, époque achéménide.
Le griffon rejoint ainsi la grande famille des gardiens hybrides du Proche-Orient, aux côtés des taureaux ailés assyriens et des sphinx, dont vous trouverez d’autres cousins dans notre article sur les monstres de l’Antiquité et leurs représentations.
Les gardiens de l’or des Scythes
C’est chez les Grecs que le griffon reçoit son histoire la plus célèbre. Au VIIᵉ siècle avant notre ère, un poète un peu mage, Aristéas de Proconnèse, raconte un voyage fabuleux vers le nord, au-delà des steppes des Scythes. Son poème, les Arimaspées, est perdu, mais Hérodote en a conservé l’essentiel au Vᵉ siècle.
Tout au nord du monde connu, raconte-t-il, vivent les Arimaspes, des hommes qui n’ont qu’un œil au milieu du front. Plus loin encore s’étendent des montagnes riches en or, et cet or est gardé par des griffons. Les Arimaspes tentent sans cesse de le leur dérober, et les griffons le défendent avec férocité. Hérodote, prudent, précise qu’il rapporte ce qu’on lui a dit.
Le dramaturge Eschyle, dans Prométhée enchaîné, met en garde contre ces « chiens de Zeus au bec aigu, qui n’aboient pas ». Le griffon devient ainsi un serviteur des dieux, associé à Apollon, dont il tire parfois le char, et à Némésis, la déesse de la juste vengeance, qui punit la démesure. Garder l’or contre les voleurs, c’est châtier la cupidité : le rôle que lui prêtent encore les bestiaires médiévaux est déjà là.
Un autre Grec, le médecin Ctésias, qui vécut à la cour de Perse, déplace le décor. Pour lui, les griffons vivent dans les déserts aurifères de l’Inde. Ce sont des oiseaux à quatre pattes, de la taille d’un loup, avec des pattes et des griffes de lion.
Cette histoire n’était pas qu’un récit de lettrés. Dans les steppes d’Asie centrale, les peuples scythes et leurs voisins de l’Altaï ont couvert d’or leurs parures, leurs harnais et leurs armes de griffons attaquant des cerfs ou des chevaux. Les Grecs de la mer Noire, qui commerçaient avec eux, ont vu ces objets et entendu ces récits.

Griffons dans l’orfèvrerie des steppes, art scythe.
Et si le griffon était un dinosaure ? En 2000, l’historienne américaine Adrienne Mayor a proposé une hypothèse séduisante dans The First Fossil Hunters. Les prospecteurs d’or qui traversaient le désert de Gobi auraient pu y découvrir des squelettes de Protoceratops, un petit dinosaure à bec crochu et à quatre pattes, très abondant dans la région. De quoi imaginer une bête à bec d’oiseau et à corps de quadrupède, gisant près des gisements d’or. L’idée a eu un grand succès, mais plusieurs paléontologues la contestent : le griffon apparaît dans l’art bien avant les récits scythes, et loin du Gobi. Elle reste une belle piste, pas une certitude.
Pline n’y croyait pas : le griffon des savants
Tous les Anciens ne se laissaient pas convaincre. Au Iᵉʳ siècle, Pline l’Ancien, qui recense pourtant dans son Histoire naturelle bien des merveilles, range sans hésiter les griffons parmi les fables, avec les Pégases.
Le Moyen Âge, lui, les fait entrer dans l’histoire naturelle. Au VIIᵉ siècle, Isidore de Séville en donne dans ses Étymologies la définition que tout le monde recopiera : le griffon est un animal ailé à quatre pattes, qui vit dans les montagnes hyperboréennes, a le corps d’un lion et les ailes et la face d’un aigle, et se montre très hostile aux chevaux. Il déchire aussi les hommes qu’il rencontre.
Les bestiaires enluminés des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles reprennent cette notice presque mot pour mot. Le griffon y est souvent peint en train d’enlever un animal dans ses serres, pour montrer sa force prodigieuse. Il n’est plus seulement une légende lointaine : il a sa place dans l’ordre de la Création, entre les autres bêtes du monde.
Griffes et œufs de griffon : les reliques d’une bête imaginaire
Au XIVᵉ siècle, les Voyages attribués à Jean de Mandeville, l’un des livres les plus lus de la fin du Moyen Âge, donnent au griffon des proportions extraordinaires. En Bactriane, écrit-il, vivent des griffons plus forts que huit lions et que cent aigles réunis. Ils emportent dans leur nid un cheval avec son cavalier, ou deux bœufs attelés à leur charrue. Leurs griffes sont aussi grandes que des cornes de bœuf, et l’on en fait des coupes à boire ; de leurs côtes et de leurs plumes, on fait des arcs.
Or ces coupes existaient. Les trésors des princes et des églises conservaient des « griffes de griffon », de grandes cornes recourbées, en réalité des cornes de bouquetin, d’antilope ou de bœuf, montées sur des pieds d’orfèvrerie. On leur prêtait le pouvoir de révéler ou de neutraliser le poison versé dans la boisson, un talent précieux à la table des puissants. C’est exactement ce que disent les bestiaires : la griffe du griffon, taillée en coupe, protège de tout venin.
Dans les inventaires d’églises, on trouve aussi des « œufs de griffon ». Il s’agissait d’œufs d’autruche, rapportés d’Orient et suspendus dans les sanctuaires comme des curiosités sacrées.

Grande corne à boire en argent avec inscription, fabriquée à Augsbourg, en Allemagne, par Adam Forster, en 1650, pour le diplomate et fonctionnaire comte Bengt Oxenstierna, corne, argent – Musée nordique – Stockholm, Suède
Le vol d’Alexandre
Le griffon n’est pas toujours un ennemi de l’homme : il peut aussi le porter jusqu’au ciel. Le Roman d’Alexandre, immensément populaire au Moyen Âge, raconte comment Alexandre le Grand, après avoir conquis la terre, voulut explorer les cieux. Il fit attacher des griffons affamés à une nacelle et brandit au-dessus d’eux une lance garnie de viande. Pour atteindre l’appât, les griffons s’élevèrent toujours plus haut, emportant le roi. Il fallut que Dieu l’arrête, pour punir son orgueil.
L’épisode est sculpté et peint dans toute l’Europe. L’une de ses plus belles images se trouve sur la grande mosaïque de pavement de la cathédrale d’Otrante, dans les Pouilles, réalisée entre 1163 et 1165 : on y voit le roi assis entre deux griffons, bras levés vers le ciel.

L’ascension d’Alexandre, mosaïque de pavement, Otrante, XIIᵉ siècle.
Le griffon du Christ : Dante et le char de l’Église
Les théologiens ont fait du griffon un symbole bien plus inattendu : celui du Christ. L’aigle, roi du ciel, représente sa nature divine ; le lion, roi de la terre, sa nature humaine. Une seule bête, deux natures unies sans se confondre.
C’est cette image que Dante place au sommet de son Purgatoire, au chant XXIX. Au Paradis terrestre, une procession mystique s’avance, et au centre un char triomphal, celui de l’Église, est tiré par un griffon. Ses parties d’oiseau sont d’or ; le reste de son corps est blanc mêlé de vermeil. C’est sur ce char que Béatrice apparaît au poète.
Le symbole n’est pas univoque : certains auteurs médiévaux voient au contraire dans le griffon, qui emporte ses proies dans les airs, une image du démon ravissant les âmes. Mais la lecture de Dante s’est imposée, et elle a donné au griffon sa noblesse chrétienne.

Le griffon tirant le char de l’Église, aquarelle de William Blake, 1824-1827.
Le griffon de Pise, un monstre venu d’ailleurs
Pendant plus de sept siècles, un griffon a veillé sur la cathédrale de Pise. Posé sur une colonne au sommet du toit, ce grand bronze d’environ un mètre de haut n’avait rien de toscan : il a été fondu dans le monde islamique au XIᵉ siècle, en al-Andalus ou en Égypte fatimide selon les spécialistes. Les Pisans l’ont sans doute rapporté comme trophée de l’une de leurs expéditions en Méditerranée.
Son corps est couvert de motifs gravés et d’une inscription arabe de bénédiction. Descendu du toit en 1828 et remplacé par une copie, il est aujourd’hui conservé au musée de l’Œuvre de la cathédrale. Selon une hypothèse récente, son corps creux aurait produit des sons quand le vent s’y engouffrait : un griffon qui, comme dans les bestiaires, faisait peut-être entendre sa voix.

Griffon en bronze, monde islamique, XIᵉ siècle, musée de l’Œuvre de la cathédrale, Pise.
L’hippogriffe, le fils impossible
Les griffons haïssent les chevaux : tous les auteurs sont d’accord. Au Iᵉʳ siècle avant notre ère, Virgile s’en sert dans ses Bucoliques pour désigner l’impossible : un jour, dit un berger désespéré, on unira les griffons aux juments.
L’Arioste relève le défi quinze siècles plus tard. Dans le Roland furieux (1516), il fait naître de cette union impossible l’hippogriffe, mi-griffon mi-cheval, qui emporte le chevalier Roger jusqu’aux confins du monde. La créature connaît un succès immédiat et rejoint le bestiaire des monstres de légende.

L’hippogriffe, gravure de Gustave Doré pour le Roland furieux.
Le griffon, figure héraldique
L’héraldique est l’art de concevoir et d’interpréter les blasons, qui servent à identifier des familles, des institutions ou des territoires. Un blason se compose principalement d’un écu, dont la forme varie selon les époques et les régions. Cet écu est souvent divisé par des partitions (coupé, parti, écartelé…) et se pare de couleurs, appelées émaux : des métaux (or et argent), des couleurs (gueules pour le rouge, azur pour le bleu, sinople pour le vert…) et des fourrures comme l’hermine ou le vair.
Les figures ajoutent des éléments distinctifs à l’écu : animales (lion, aigle), géométriques (croix, chevron) ou symboliques (épée, étoile, fleur de lys). Les ornements extérieurs complètent les armoiries des familles nobles et des institutions : cimier, casque, couronne, supports (les animaux qui tiennent l’écu), devise, parfois un manteau ou un collier d’ordre. Les armes désignent ce qui figure sur l’écu ; les armoiries, l’ensemble du blason avec ses ornements.
Le griffon y occupe une place de choix. Il réunit les deux figures animales les plus nobles du blason, le lion, roi des animaux, et l’aigle, roi des airs, et exprime la force, la vigilance et la protection. Le héraut qui le décrit dispose d’un vocabulaire précis :
- rampant : dressé sur une patte arrière, griffes en avant, sa posture la plus courante (les Anglais disent segreant pour le griffon) ;
- passant : marchant, une patte avant levée ;
- demi-griffon ou tête de griffon : seule la partie avant ou la tête est représentée, souvent en cimier ;
- griffon mâle : une curiosité anglaise, un griffon sans ailes, hérissé de rayons pointus.
Quelques griffons célèbres des blasons :
- La Poméranie, sur la Baltique, porte un griffon rouge sur fond d’argent. Il a été repris par de nombreuses villes de la région, comme Greifswald, dont le nom même évoque le griffon.
- Pérouse, en Italie, a pour emblème un griffon blanc sur fond rouge, que l’on retrouve sur ses monuments depuis le Moyen Âge.
- Gênes place l’écu à la croix de saint Georges entre deux griffons qui lui servent de supports.
- La Scanie, province du sud de la Suède, porte une tête de griffon couronnée.

Le griffon de Poméranie, l’un des plus anciens griffons héraldiques d’Europe (armorial de Gelre).
L’Armorial des chevaliers de l’Ordre de la Jarretière
L’Armorial des chevaliers de l’Ordre de la Jarretière est un recueil emblématique de l’héraldique anglaise. Il illustre les armoiries des membres de l’Ordre de la Jarretière, le plus prestigieux ordre de chevalerie du Royaume-Uni, fondé en 1348 par Édouard III. Chaque écu y est peint avec ses ornements, qui disent le rang et les distinctions de son porteur. C’est une source précieuse pour l’étude des armes de la noblesse et de l’histoire des élites chevaleresques, et le griffon y apparaît à plusieurs reprises.


Le griffon aujourd’hui
Le griffon n’a jamais quitté les emblèmes. La tête de griffon couronnée des armoiries de Scanie est devenue le logo des camions Scania, et longtemps celui des automobiles Saab. Le griffon de Vauxhall vient des armes de Foulques de Bréauté, chevalier normand du XIIIᵉ siècle, dont la demeure londonienne a donné son nom au quartier, puis à la marque.
La littérature et le jeu l’ont aussi adopté. Chez J. K. Rowling, la maison Gryffondor porte dans son nom le « griffon d’or », emblème de courage. Et le griffon est devenu un classique des jeux de rôle et du fantastique, où il reste ce qu’il était chez Hérodote : une monture redoutable, un gardien, une épreuve pour les héros.
Galerie




- Matthäus Merian, 1660.
- Friedrich Justin Bertuch, Livre d’images pour enfants, 1790-1830, Créatures mythologiques 2.
- Martin Schongauer, Le Griffon, gravure, vers 1485.
Questions fréquentes sur le griffon
Quelle est la différence entre un griffon et un hippogriffe ? Le griffon a l’avant d’un aigle et l’arrière d’un lion. L’hippogriffe a l’avant d’un griffon et l’arrière d’un cheval. Il est né de l’imagination de l’Arioste, au XVIᵉ siècle, précisément parce que griffons et chevaux étaient réputés ennemis.
D’où vient le mot « griffon » ? Du latin gryphus, emprunté au grec gryps. On rapproche souvent ce mot de l’adjectif grec grypos, « crochu », qui désigne un nez ou un bec recourbé.
Que symbolise le griffon ? Dans l’Antiquité, il garde l’or et punit la cupidité. En héraldique, il exprime la force et la vigilance. Chez les théologiens médiévaux et chez Dante, il représente la double nature, divine et humaine, du Christ.
Pourquoi le griffon déteste-t-il les chevaux ? C’est une tradition fixée par Isidore de Séville au VIIᵉ siècle et reprise par tous les bestiaires. Elle était déjà si connue dans l’Antiquité que Virgile faisait de l’union d’un griffon et d’une jument l’exemple même de l’impossible.
Le griffon a-t-il existé ? Non. C’est une créature composite, comme le sphinx ou le lamassu. L’historienne Adrienne Mayor a suggéré que des fossiles de dinosaures du désert de Gobi aient pu nourrir la légende, mais cette hypothèse est discutée.
Sources
- Hérodote, Histoires, III, 116 et IV, 13 et 27 (Aristéas, les Arimaspes et les griffons).
- Eschyle, Prométhée enchaîné (les « chiens de Zeus »).
- Ctésias de Cnide, Indika, fragments.
- Virgile, Bucoliques, VIII.
- Pline l’Ancien, Histoire naturelle, X.
- Isidore de Séville, Étymologies, XII.
- Bestiaire d’Aberdeen, Aberdeen University Library, MS 24, vers 1200.
- Jean de Mandeville, Voyages, XIVᵉ siècle.
- Dante Alighieri, La Divine Comédie, Purgatoire, chants XXIX à XXXII.
- L’Arioste, Roland furieux, 1516.
- Adrienne Mayor, The First Fossil Hunters: Paleontology in Greek and Roman Times, Princeton University Press, 2000.